La dématérialisation des jeux vidéo se fait de plus en plus, mais qu'est-ce que c'est ? Quels en sont les avantages / inconvénients ?
Tiris, Tonio et Eskarina répondent à ces questions lors d'une table ronde organisée à ANKAMA Convention #6.
Ankama Conventions AC#6 Table ronde : La dématérialisation du jeu vidéo
Ankama Conventions
Les Ankama Conventions, c'est l'occasion de tester les nouveautés, de rencontrer les équipes qui développent les jeux, de se faire dédicacer les bandes dessinées et autres mangas Ankama Editions, et surtout de se retrouver entre joueurs !
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Ankama Conventions
AC#6 Table ronde : La dématérialisation du jeu vidéo
Alors, l'avenir du jeu vidéo sera-t-il complètement immatériel ? Je ne crois pas, comme le dit Eskarina, des rituels et tout un marché se sont créés en périphérie du simple contenu vidéo-ludique.
Depuis plus une quinzaine d'année (je n'en suis pas certaine, ayant 5 ans à l'époque :p) s'est développé autour des licences , plus particulièrement japonaises, sur des supports divers et variés (dessin-animés, livres, bandes-dessinées, aides de jeu, figurines et autres goodies).
Pour moi la virtualité ne peux pas être crédible sans une part de réalité qu'implique par exemple l'aspect matériel
autant par le fait d'en avoir une représentation tactile (par la boîte ou la manette de jeu) que visuelle (images, affiches je vous laisse continuer la liste). Je fut de celles qui connurent Mario par son image et ses figurines avant de le rencontrer de manière bien plus tardive en tant qu'être de pixel(blasphème diront certains).
Ceci à mon sens une des preuve que le jeu vidéo doit exister d'abord dans le concret avant de prétendre exister dans le domaine du virtuel.
Certes nous pouvons faire l'abstraction d'un boîtier ou d'un manuel, mais nous avons aussi besoin de l'introduction de ces univers factices dans notre quotidien pour leur donner la substance qu'ils ne détiennent pas.
Si le cinéma parvient à se fondre dans le processus de dématérialisation, ou si au contraire la bande-dessinée (hors blog-bd) à mon sens n'y parvient pas (ou mal) c'est parce qu'ils sont pour l'un un média entier de l'image, du son et du mouvement et pour l'autre un média qui allie l'image et le texte à la simulation de l'espace et du temps.
Le point commun avec le jeu vidéo est à mon sens qu'il est bâtard, il n'est pas issu de la réalité mais dialogue pourtant avec elle en la simulant. Dans le jeu vidéo, on a également l'illusion du temps, de l'espace, de la profondeur et surtout de la matérialité. Le jeu vidéo nous donne l'illusion de la perception, mais que vaut cette perception si nous ne lui donnons pas de support pour exister. Pour moi il est encore difficile de faire l'abstraction matérielle d'une oeuvre, quelle qu'elle soit, parce qu'elle doit pouvoir exister par elle-même dans notre monde (même par une cartouche ou un simple boîtier)sans passer par une machine.
La question de l'empreinte écologique de ces supports est tout aussi capitale, oui fabriquer des supports est à la fois coûteux et nocif pour l'environnement mais ne peut-on pas produire des emballages recyclables ou même biodégradables ("Recycled Paper Mario" !) pour limiter cet impact sur la nature? D'une manière économique aussi cela me pose problème car bien que je sois la première à encourager les petits développeurs, je ne sais pas si faire disparaître tout un secteur du jeu vidéo soit une bonne chose. Oui ils sont un intermédiaire au rôle un peu limité mais sont également le référent humain vers qui nous pouvons, nous joueurs, nous tourner lorsque nous avons besoin de conseils (autant sur la technique que sur l'achat). Tout le monde ne suit pas avec autant d'assiduité que les professionnels et les initiés l'actualité du jeu vidéo. Ayant eue l'opportunité de travailler un été dans une boutique de jeux vidéos je peux vous affirmer que la communication et les rapports humains sont une chose centrale lors de l'acquisition d'un jeu. Parler de ses sensations de jeu en vrai, rire de certains passages de "Chrono Trigger" ou de la dernière fête d'"Animal Crossing" a une dimension tout à fait différente qu'une conversation différé sur un forum ne peut même pas prétendre égaler. Je pense que certains intervenants (bien que j'apprécie beaucoup leur travail et leur réflexion) semblent faire l'impasse sur le côté relationnel et donc matériel. Les "Ankama Convention" en sont la preuve que les joueurs ont besoin du réel pour donner du sens à leurs aventures virtuelles. Dans le cas d'un MMORPG comme "DOFUS" c'est encore plus vrai, nous avons besoin de donner une voix, une présence, un corps à des personnes qui ne sont que des pixels dans notre esprit.
Pardon pour ce long pavé, je remercie encore Ankama de faire et diffuser des émissions aussi intéressantes! Même si elles ont souvent du mal à trouver son public elles sont d'une très grande richesse! Longue vie à elles !
PS: mhhmm Tonio s'appelle Etienne.
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Alors, l'avenir du jeu vidéo sera-t-il complètement immatériel ? Je ne crois pas, comme le dit Eskarina, des rituels et tout un marché se sont créés en périphérie du simple contenu vidéo-ludique.
Depuis plus une quinzaine d'année (je n'en suis pas certaine, ayant 5 ans à l'époque :p) s'est développé autour des licences , plus particulièrement japonaises, sur des supports divers et variés (dessin-animés, livres, bandes-dessinées, aides de jeu, figurines et autres goodies).
Pour moi la virtualité ne peux pas être crédible sans une part de réalité qu'implique par exemple l'aspect matériel
autant par le fait d'en avoir une représentation tactile (par la boîte ou la manette de jeu) que visuelle (images, affiches je vous laisse continuer la liste). Je fut de celles qui connurent Mario par son image et ses figurines avant de le rencontrer de manière bien plus tardive en tant qu'être de pixel(blasphème diront certains).
Ceci à mon sens une des preuve que le jeu vidéo doit exister d'abord dans le concret avant de prétendre exister dans le domaine du virtuel.
Certes nous pouvons faire l'abstraction d'un boîtier ou d'un manuel, mais nous avons aussi besoin de l'introduction de ces univers factices dans notre quotidien pour leur donner la substance qu'ils ne détiennent pas.
Si le cinéma parvient à se fondre dans le processus de dématérialisation, ou si au contraire la bande-dessinée (hors blog-bd) à mon sens n'y parvient pas (ou mal) c'est parce qu'ils sont pour l'un un média entier de l'image, du son et du mouvement et pour l'autre un média qui allie l'image et le texte à la simulation de l'espace et du temps.
Le point commun avec le jeu vidéo est à mon sens qu'il est bâtard, il n'est pas issu de la réalité mais dialogue pourtant avec elle en la simulant. Dans le jeu vidéo, on a également l'illusion du temps, de l'espace, de la profondeur et surtout de la matérialité. Le jeu vidéo nous donne l'illusion de la perception, mais que vaut cette perception si nous ne lui donnons pas de support pour exister. Pour moi il est encore difficile de faire l'abstraction matérielle d'une oeuvre, quelle qu'elle soit, parce qu'elle doit pouvoir exister par elle-même dans notre monde (même par une cartouche ou un simple boîtier)sans passer par une machine.
La question de l'empreinte écologique de ces supports est tout aussi capitale, oui fabriquer des supports est à la fois coûteux et nocif pour l'environnement mais ne peut-on pas produire des emballages recyclables ou même biodégradables ("Recycled Paper Mario" !) pour limiter cet impact sur la nature? D'une manière économique aussi cela me pose problème car bien que je sois la première à encourager les petits développeurs, je ne sais pas si faire disparaître tout un secteur du jeu vidéo soit une bonne chose. Oui ils sont un intermédiaire au rôle un peu limité mais sont également le référent humain vers qui nous pouvons, nous joueurs, nous tourner lorsque nous avons besoin de conseils (autant sur la technique que sur l'achat). Tout le monde ne suit pas avec autant d'assiduité que les professionnels et les initiés l'actualité du jeu vidéo. Ayant eue l'opportunité de travailler un été dans une boutique de jeux vidéos je peux vous affirmer que la communication et les rapports humains sont une chose centrale lors de l'acquisition d'un jeu. Parler de ses sensations de jeu en vrai, rire de certains passages de "Chrono Trigger" ou de la dernière fête d'"Animal Crossing" a une dimension tout à fait différente qu'une conversation différé sur un forum ne peut même pas prétendre égaler. Je pense que certains intervenants (bien que j'apprécie beaucoup leur travail et leur réflexion) semblent faire l'impasse sur le côté relationnel et donc matériel. Les "Ankama Convention" en sont la preuve que les joueurs ont besoin du réel pour donner du sens à leurs aventures virtuelles. Dans le cas d'un MMORPG comme "DOFUS" c'est encore plus vrai, nous avons besoin de donner une voix, une présence, un corps à des personnes qui ne sont que des pixels dans notre esprit.
Pardon pour ce long pavé, je remercie encore Ankama de faire et diffuser des émissions aussi intéressantes! Même si elles ont souvent du mal à trouver son public elles sont d'une très grande richesse! Longue vie à elles !
PS: mhhmm Tonio s'appelle Etienne.